Le site d’Afito, d’une superficie de 544 hectares, reste un exemple emblématique de restauration écologique et de gouvernance communautaire. Les participants ont découvert la mare aux hippopotames, longtemps menacée par la chasse, le braconnage et l’empiétement des champs agricoles. Dès 2004, la CDAC a initié des actions de sensibilisation et de reboisement, avant que la création en 2016 de l’Association pour la Conservation et la Valorisation des Mares aux Hippopotames (ACVM) ne consacre une véritable dynamique communautaire. Aujourd’hui, le site est délimité par des plantations d’essences locales comme le Mélina, le Kaya et le Caïlcédrat, renforçant la sécurité foncière et biologique. Un reboisement de 30 hectares a permis de restaurer des écosystèmes fortement dégradés, et une zone de pâturage de 4 hectares a été spécialement aménagée pour réduire les conflits homme- hippopotames.
Les résultats sont visibles : 5 marres de conservations ont été crées le long du site : Mare Afi (au centre), mare Lotoè, mare Dindin, mare Alagoè, mare Avlé; une augmentation significative de la population d’hippopotames, un couvert végétal plus dense, la mise en place de quarante-deux écogardes, ainsi que l’installation de miradors qui facilitent l’observation et l’écotourisme. L’existence de blocs administratifs et d’infrastructures gérées collectivement témoigne aussi d’un certain degré d’organisation institutionnelle.
En parallèle, une plateforme multifonctionnelle alimente la dynamique économique locale. Alimentée par un champ solaire, elle comprend des moulins, des dispositifs de réfrigération, des aiguiseurs et même un dispositif de gaz pour le pompage d’eau. À cela s’ajoutent des activités maraîchères initiées par les femmes, qui renforcent leur autonomie et diversifient les sources de revenus.
Toutefois, plusieurs difficultés subsistent. Les revenus générés par la plateforme multifonctionnelle sont jugés encore insuffisants pour couvrir l’ensemble des besoins de gestion et de développement. La cohabitation avec les hippopotames reste une source de tension pour les producteurs agricoles, et bien que la zone de pâturage ait réduit les incidents, les dégâts aux cultures ne sont pas compensés. Le suivi scientifique reste limité par le manque de moyens techniques, et certains projets pilotes, comme l’élevage d’escargots, ont échoué, manque d’information sur la capacité de charges des Hippopotames. Enfin, la pérennité des activités dépend encore fortement de l’appui extérieur, ce qui pose la question de l’autonomisation complète du site.