Visite Immersive du Festival Mangal : biodiversité, savoirs traditionnels et agroécologie au cœur de la troisième journée

Athiémé – Lokossa | Festival Mangal 2026

La troisième journée de la Visite Immersive du Festival Mangal 2026 a offert aux participants une plongée au cœur des initiatives qui façonnent le développement durable de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono (RBTM). Entre conservation de la biodiversité, valorisation du patrimoine culturel, entrepreneuriat féminin et agriculture biologique, cette étape a permis de découvrir des expériences concrètes illustrant la complémentarité entre protection des écosystèmes et amélioration des conditions de vie des communautés locales.

À Kponou, la conservation face aux défis de la coexistence entre l’homme et la faune sauvage

La journée a débuté dans la plaine inondable de Kponou, un écosystème remarquable qui abrite plusieurs espèces emblématiques de la réserve, notamment le singe à ventre roux (Cercopithecus erythrogaster erythrogaster) et le sitatunga (Tragelaphus spekii).

Au cours de la visite, les participants ont pu observer plusieurs singes dans leur habitat naturel et découvrir les enjeux liés à la conservation de cette biodiversité exceptionnelle. Les échanges avec les gestionnaires du site ont notamment mis en lumière les conflits homme-faune qui persistent dans certaines localités. Des cas de destruction de cultures par les singes et les sitatungas ont été signalés, illustrant la nécessité de trouver un équilibre durable entre les activités humaines et la protection des espèces sauvages.

Pour répondre à ces défis, les partenaires intervenant au sein de la réserve développent des solutions intégrées reposant sur l’appui à l’entrepreneuriat local et la promotion d’activités génératrices de revenus alternatives. Les participants ont également découvert le système de zonage mis en place dans les Aires Communautaires de Conservation de la Biodiversité (ACCB), articulé autour de zones de protection intégrale, de zones tampons destinées à limiter les conflits homme-faune et de zones périphériques dédiées aux activités économiques des populations.

Agriculture durable et gestion des ressources naturelles autour du lac Toho

La mission s’est ensuite rendue sur le site maraîcher de NOUBIGNON, aménagé grâce à l’appui de Join For Water et du projet Delta Mono.

Cette visite a permis de découvrir plusieurs aménagements destinés à préserver les ressources en eau et à promouvoir une agriculture respectueuse de l’environnement. Les participants ont notamment observé la matérialisation de la bande de servitude autour du lac Toho à travers des plantations protectrices ainsi qu’un système d’irrigation moderne alimenté par motopompe.

Au-delà de la production maraîchère, les actions soutenues sur le site favorisent également le développement d’activités complémentaires telles que la pisciculture, contribuant ainsi à diversifier les revenus des communautés tout en réduisant la pression sur les ressources halieutiques naturelles.

Le Zangbéto, un patrimoine culturel au service de la conservation

À Itéhoué, les participants ont été accueillis par les détenteurs du culte Zangbéto, figure emblématique du patrimoine culturel béninois.

Les échanges ont permis de mieux comprendre le rôle du Zangbéto en tant que gardien traditionnel de la nuit et acteur de la cohésion sociale. Au-delà de sa dimension culturelle, cette institution traditionnelle joue également un rôle important dans la conservation des ressources naturelles.

La sacralisation de certains espaces dédiés au culte contribue en effet à limiter les activités humaines dans ces zones et favorise leur préservation. Les cérémonies et manifestations culturelles associées au Zangbéto constituent également des opportunités privilégiées de sensibilisation des communautés aux enjeux de protection de l’environnement.

Des femmes engagées dans la transition vers une économie verte

À la Maison des Jeunes et de la Culture de Houin, la délégation a rencontré plusieurs groupements féminins actifs dans la production d’huile de palme, la transformation du manioc et la fabrication de jus de fruits biologiques.

Les échanges ont révélé les progrès accomplis grâce à l’accompagnement du projet Delta Mono dans la transition vers des pratiques agricoles biologiques et plus durables. Les participantes ont partagé leurs expériences ainsi que les défis auxquels elles demeurent confrontées, notamment l’accès aux matières premières, aux équipements de transformation et aux débouchés commerciaux.

Ces femmes entrepreneures ont également exprimé leur volonté de renforcer les partenariats avec les producteurs agricoles de la réserve afin de sécuriser leurs approvisionnements et développer davantage leurs activités.

SAWAH Agrobusiness : le pari réussi du maïs violet biologique

L’après-midi a été marquée par la visite de l’entreprise SAWAH Agrobusiness dirigée par Madame GOGOE Adèle, entrepreneure agricole engagée dans la promotion du maïs violet.

Avec l’appui du projet Delta Mono, cette initiative innovante valorise une variété de maïs reconnue pour ses qualités nutritionnelles et ses propriétés bénéfiques pour la santé. Les participants ont découvert les différentes étapes de production ainsi qu’une gamme diversifiée de produits transformés comprenant la farine de maïs violet, l’aklui séché, le couscous et le maïs grain.

Membre active du Réseau National des Initiatives Agroécologiques, Biologiques, Participatives et Équitables du Bénin (ReNABIO), la promotrice applique des pratiques agricoles certifiées selon le Système Participatif de Garantie (SPG), illustrant ainsi le potentiel économique et environnemental de l’agriculture biologique dans la région.

À Lokossa, une coopérative maraîchère pionnière de l’agriculture biologique

La dernière étape de la journée a conduit les participants à une coopérative maraîchère dirigée par Monsieur Appolinaire GOUSSI, Président de l’Union Communale des Maraîchers de Lokossa.

Regroupant quinze membres, dont plusieurs producteurs certifiés Bio SPG, cette coopérative développe un modèle agricole innovant fondé sur l’agriculture biologique intégrée. Les producteurs y pratiquent diverses associations culturales, notamment la combinaison piment-amarante, afin d’optimiser les rendements tout en préservant la fertilité des sols.

La coopérative commercialise une large gamme de légumes-fruits, légumes-feuilles et racines selon un modèle inspiré des Associations pour le Maintien d’une Agriculture Paysanne (AMAP). Des paniers maraîchers sont régulièrement proposés aux ménages et un projet de boutique spécialisée, soutenu par la municipalité de Lokossa, est actuellement en préparation afin de rapprocher davantage les producteurs des consommateurs.

Les participants ont également découvert les innovations développées sur le site en matière de fertilisation biologique. Les maraîchers produisent eux-mêmes leur compost à partir de fiente de volaille, de bouse de vache, de terreau et de guano de chauve-souris. D’autres biofertilisants sont élaborés à partir de mélasse, de poissons d’eau douce ou encore de mélanges fermentés à base de fruits locaux.

La coopérative dispose en outre d’un système d’irrigation financé sur fonds propres et entretient des partenariats avec plusieurs établissements de formation, accueillant régulièrement des élèves et étudiants pour des stages pratiques.

Une journée inspirante pour construire des territoires résilients

Cette troisième journée de la Visite Immersive du Festival Mangal a illustré la richesse des initiatives portées par les communautés, les organisations locales et les partenaires techniques engagés dans la préservation de la Réserve de Biosphère Transfrontalière du Mono.

Des plaines inondables de Kponou aux exploitations biologiques de Lokossa, en passant par les savoirs traditionnels du Zangbéto et les initiatives entrepreneuriales portées par les femmes, les participants ont découvert des solutions concrètes démontrant qu’il est possible de concilier conservation de la biodiversité, innovation économique, inclusion sociale et valorisation culturelle.

Autant d’expériences qui incarnent pleinement l’esprit du Festival Mangal : mobiliser les territoires autour d’un développement durable où la nature, la culture et les communautés avancent ensemble vers un avenir plus résilient.

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